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SHELTER OF LOVE T.1 – Un regard tendre et réaliste sur l’enfance brisée

Avis sur le tome 1 de Shelter of Love, un nouveau shôjo signé Rie Aruga qui saura vous bouleverser.

INFOS :

Scénariste : Rie ArugaSérie 🇯🇵 : En cours (5 tomes)
Mangaka : Rie ArugaSérie 🇫🇷 : En cours (2 tomes)
Type : ShôjoDate de parution : 07/05/2025
Éditeur : AkataPrix : 7,95 €

Shelter of Love est un shôjo manga écrit et scénarisé par l’autrice Rie Aruga (@aru_rie) depuis 2022. La mangaka est connue en France pour ses titres Quand la nuit tombe, Perfect World et Par-delà les étoiles…

Le premier tome de la série est disponible depuis le 7 mai 2025 chez les éditions Akata en format papier.

RÉSUMÉ OFFICIEL :

Victime d’une mère violente, Yoru a été placée dans un foyer pour enfants. Elle y rencontre Tenjaku, un garçon de son âge au passé aussi compliqué que le sien. Si la petite fille a d’abord du mal à s’adapter à sa nouvelle « maison », elle finit, grâce à la protection de ce dernier, par y trouver son équilibre. Mais à l’approche de la majorité, comment ces deux êtres meurtris par la vie réussiront-ils à s’intégrer à la société ?

Avec Shelter of Love, Rie Aruga livre un manga poignant qui dépeint sans faux-semblants la manière dont la société abandonne ceux qui, dès le plus jeune âge, n’ont pas la chance de connaître la chaleur d’un foyer.

Une thématique sociale forte et bouleversante

“Pourquoi suis-je née ?” “Ai-je ma place sur cette terre ?”
Ces interrogations sont au cœur de ce premier tome qui aborde avec justesse la maltraitance, l’abandon parental et la vie en foyer.

Yoru, à seulement dix ans, est retirée à une mère violente et placée dans un centre d’accueil pour enfants. Là, elle découvre un univers à la fois inconnu et instable, peuplé d’enfants brisés aux histoires tout aussi tragiques que la sienne.
Rapidement, elle se rapproche de Tenjaku, un garçon de son âge qui se montre protecteur, mature, et surtout, profondément marqué par les violences physiques infligées par son père – symbolisées par une brûlure profonde dans le dos.

Le manga met en lumière les réalités du quotidien des enfants placés : leurs espoirs, leurs douleurs, mais aussi les dynamiques complexes entre résidents. Tous ne souhaitent pas les mêmes choses : certains espèrent revoir leurs parents, d’autres veulent tourner la page définitivement.

Une approche réaliste de la vie en foyer

Ce qui marque dans Shelter of Love, c’est la volonté de l’autrice de dépeindre un foyer comme un refuge, malgré les douleurs. Les éducateurs sont bienveillants, à l’écoute, et s’efforcent d’offrir aux enfants une stabilité dont ils ont tant manqué.
Cependant, la réalité rattrape vite ces jeunes, confrontés à des troubles psychologiques, une médication précoce, et surtout, une échéance inévitable : la majorité. Car à 18 ans, tout s’arrête. Les enfants quittent le foyer, qu’ils considéraient comme leur maison. Ils doivent soudain affronter le monde seuls, parfois sans filet, sans famille, ni repères. Une rupture brutale qui est au centre des angoisses de Yoru et Tenjaku.

Deux héros touchants et opposés

Dans ce drame du quotidien, Yoru représente l’innocence, l’espoir et la résilience. Elle garde foi en sa mère malgré ses absences répétées, elle continue à croire aux promesses, aux lendemains meilleurs, et s’accroche à Tenjaku comme à une bouée de sauvetage.

Tenjaku, au contraire, incarne la maturité précoce. Il a pleinement conscience de la précarité de leur situation. Lycéen sérieux, il jongle entre son club d’athlétisme et deux petits boulots. Son objectif : mettre de l’argent de côté pour préparer son départ du foyer, qu’il sait inévitable.

Leur duo est profondément complémentaire. Elle rêve, il anticipe. Elle garde une candeur lumineuse, il se forge dans l’ombre une carapace. Ensemble, ils dessinent un équilibre fragile mais précieux.

Une œuvre poignante signée Rie Aruga

C’est un véritable plaisir de retrouver Rie Aruga, que j’avais déjà beaucoup appréciée dans Perfect World. Avec Shelter of Love, elle livre une histoire authentique, sans fioritures, mais avec une infinie tendresse pour ses personnages.Le dessin, sobre mais expressif, accompagne à merveille l’ambiance grave et douce à la fois du récit.


La narration n’en fait jamais trop, et laisse toute la place aux silences, aux regards, et aux non-dits qui en disent long sur les traumatismes de l’enfance.

CONCLUSION : 

Shelter of Love nous propose un premier tome juste, bouleversant et profondément humain.

À travers Yoru et Tenjaku, Rie Aruga aborde la vie en foyer avec une sincérité rare, sans jamais tomber dans le pathos.
Les deux personnages principaux sont émouvants et très bien écrits, porteurs chacun d’une vision du monde différente, mais unis par une affection sincère.

Un titre à découvrir absolument pour tous ceux qui aiment les récits sensibles, puissants et porteurs de sens.

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