INTERVIEW

JESSICA COHEN – K-Society, la porte d’entrée vers la culture coréenne

J’ai le plaisir de donner la parole à Jessica Cohen, fondatrice et rédactrice en chef du magazine K-Society et plus récemment du magazine K-Pop Mag, un nouveau magazine interactif 100% K-pop. Un grand merci pour avoir répondu à mes questions !

Peux-tu me parler un peu de toi ? Quel est ton parcours avant de lancer K-Society ?

Bonjour à tous. Pour me présenter rapidement, je suis à la base une communicante, avec une formation en communication visuelle. J’ai toujours aimé créer, discuter et partager.
J’ai commencé mes jeunes années (^^’) en tant que directrice artistique junior dans une agence web. Puis, j’ai rejoint la chaîne de TV GONG en 2009 pour m’occuper de son service communication. De fil en aiguille, je suis également venue à réaliser des interviews et à m’occuper de la programmation des K-Contents sur la chaîne (entre autres choses — appelez-moi Lilou Multi-tâches).

Car oui, si GONG est d’abord une chaîne spécialisée dans l’animation japonaise et les jeux vidéo, elle est aussi devenue une chaîne axée sur les K-Contents, avec notamment l’arrivée des K-Dramas dès 2011 et la diffusion de City Hunter et Secret Garden, puis, en 2012, la retransmission en direct des Mnet Asian Music Awards. Depuis, la chaîne a intégré à sa grille de nombreux K-Dramas et clips K-Pop.

Mais mon intérêt pour la Corée ne vient pas de GONG : il est bien plus ancien. Et c’est justement grâce à cet intérêt que j’ai pu, à mon modeste niveau, contribuer à l’arrivée des K-Dramas et K-Contents sur la chaîne (ainsi qu’à la réalisation de nombreux reportages sur des artistes K-Pop ☺).
J’ai donc quitté GONG pour me consacrer à K-Society.

Comment as-tu découvert les K-Dramas, et qu’est-ce qui t’a immédiatement captivée dans cet univers ?

Hum, cela remonte à déjà un moment. J’hésite toujours entre 2007, 2008 ou 2009, mais j’ai découvert les séries coréennes petit à petit. Et je me suis retrouvé happé par leurs histoires, leur variété, leurs personnages…

Je pense que ce qui me plaît, ce sont ces histoires qui mettent en avant les personnages, qui parfois font écho à nos vies et expériences, mais aussi cette richesse de genres (j’adore les séries d’action et les thrillers pour bien se défouler, les enquêtes et séries policières pour se triturer les neurones, et ces romances et histoires de vie pour savoir apprécier la nôtre. Sans oublier les séries historiques, qui nous permettent de découvrir une autre culture avec la richesse de son Histoire …).

Il y a aussi leur esthétique, leurs réalisations, leurs récits — et ne nous le cachons pas, leur casting (^^’) — et bien évidemment ses magnifiques décors et lieux à travers la Corée.

« K-Society : votre porte d’entrée vers la culture coréenne. » D’ailleurs, il y a aussi cette phrase : « Une série coréenne, c’est comme un bon plat : une fois qu’on y a goûté, on en redemande. »
Qu’en pensez-vous ?

Qu’est-ce qui t’a donné envie de créer un magazine entièrement dédié aux K-Dramas et au lifestyle coréen ?

Au début, j’avais pour projet de faire un mook – une sorte d’abécédaire sur la culture coréenne, avec pour fil rouge les K-Dramas, parlant ainsi des séries, mais aussi des acteurs, de la K-Food, de la K-Culture et du tourisme (avec notamment les lieux de tournage). J’ai donc réfléchi au projet en 2018 (en embarquant une amie avec moi – poke Camille). J’ai pitché et tenté de le proposer à des maisons d’édition, mais aucune ne semblait intéressée. (Peut-être pas le bon moment pour elles ?). J’ai donc essayé en crowdfunding sur Ulule, mais cela n’a pas abouti… et pourtant…

Quelques semaines plus tard, j’ai pu échanger sur le projet avec le patron de Cppresse, qui m’a alors proposé de le transformer en magazine et de tenter un premier numéro — et voilà maintenant 6 ans que le premier numéro est sorti.

Voici la vidéo de présentation du projet Mook :
https://www.youtube.com/watch?v=qY4MFbQaa0g

Je pense que ce qui m’a poussée à faire ce magazine, c’est d’abord parce qu’il n’en existait pas (il en existait sur la K-pop, mais pas sur les K-Dramas), et que c’est le magazine que j’aurais aimé avoir.
Et aussi l’envie de partager ma passion, d’échanger… et peut-être parce que j’aime relever les défis et créer de nouvelles choses.


Comment définirais-tu l’identité éditoriale de K-Society ?

Comme l’indique la baseline du magazine : K-Society – « Votre porte d’entrée vers la culture coréenne ». Et cette porte d’entrée passe principalement par les séries coréennes, les K-Dramas. C’est clairement le fil rouge du magazine. On les retrouve dans pratiquement toutes les rubriques : que ce soit bien évidemment dans la rubrique actualité, avec les nouveautés, dans la rubrique musique, avec les OST, les portraits d’actrices et d’acteurs, ou encore dans la rubrique tourisme, avec des clins d’œil aux lieux de tournage.



Mais aussi via notre rubrique « K-Drama vs Réalité » – qui nous permet de plonger dans la culture ou le lifestyle coréen à travers une série.
Par exemple : le camping dans Call It Love, le Ssireum dans Like Flowers in Sand, ou les Haenyeo de Jeju avec Welcome to Samdalri… et les possibilités sont grandes.

Et on n’oublie pas nos dossiers, qui arrivent à chaque fois à faire le lien avec les séries coréennes. Un véritable fil rouge K-Drama qui représente l’identité du magazine.


Comment sélectionnes-tu les sujets ou les séries à mettre en avant dans chaque numéro ?

Bonne question ☺. On va dire que j’ai déjà une liste de sujets (qui s’allonge à tout moment, dès qu’une idée me vient en tête) que j’aimerais traiter, et surtout qui me semblent intéressants. Puis, en fonction de l’actualité, de la saison ou du feeling, je sélectionne pour le prochain numéro.

J’échange aussi avec les journalistes pour avoir leur avis sur tel ou tel sujet, l’angle pour le traiter, le plan d’un dossier…

Pour les séries de la rubrique actualité, on essaye d’être le plus « dans la nouveauté » possible, avec les séries du moment.

Et puis, on essaie aussi de faire découvrir un maximum de sujets moins abordés : on parle de magie, on parle de bojagi, on parle de ottchil, on parle de ssireum, ou encore de maedup…


Quelles rubriques ou thématiques prends-tu le plus de plaisir à développer dans le magazine ?

Je pense que j’aime toutes les rubriques ☺ Elles ont toutes leurs atouts et j’en apprends beaucoup à chaque fois. Notamment pour les dossiers ou les K-Dramas vs Réalité. Les découvertes touristiques avec Very French Trip sont aussi très sympas. Et la sélection OST me permet de me replonger dans les OST du moment et de découvrir leurs nombreux interprètes.

Et puis il y a les interviews avec les artistes, réalisateurs, scénaristes, écrivains, webtoonist …, mais aussi la rubrique Débat ou Daebak, avec les retours et avis de la communauté sur les séries. Et l’univers K-Beauty avec les supers conseils de Carole, ou encore l’appétissante rubrique K-Food. En Bref tout le magazine !


Quel a été ton plus grand défi depuis le lancement de K-Society ? Et ta plus grande fierté ?

Je pense que le plus grand défi, c’est d’avoir tenu jusque-là (rire). Et c’est ce qui fait ma plus grande fierté : réussir à garder la qualité de numéro en numéro et à ne pas décevoir nos lecteurs.

D’un point de vue « technique », je pense que ce fut d’obtenir les interviews et de créer des liens avec les contacts coréens. Mais le retour des lecteurs reste le plus gratifiant.


Selon toi, pourquoi les K-Dramas rencontrent-ils un tel succès mondial aujourd’hui ?

D’habitude, c’est la question que je pose moi-même en interview (rire).
Je pense que la force des séries coréennes, ce sont leurs histoires, leur narration qui met l’humain au cœur du récit, donc leurs personnages, leurs relations et leurs émotions. Les séries coréennes viennent à la fois nous soutenir, nous divertir, nous faire réfléchir.

Il y a aussi la qualité de leur réalisation, le jeu des acteurs et l’écriture des scénaristes, sans oublier les équipes qui travaillent dans l’ombre (le bruitage, le montage, la sélection des lieux, les décors, les costumes…).

Il y a parfois le débat sur « c’était mieux avant ». Mais je pense que les K-Dramas ont évolué, qu’ils ont eu des influences diverses avec cette popularité mondiale grandissante, et l’arrivée des plateformes internationales dans le « game » comme Netflix ou Disney+.

Pourtant, je pense qu’on peut faire confiance aux équipes coréennes pour préserver « l’identité » des K-Dramas et nous offrir encore de beaux succès.


J’ai lu que Netflix allait plafonner les cachets des acteurs coréens par épisode afin d’éviter l’inflation importante des salaires des acteurs stars. Qu’en penses-tu ?

Il est vrai que Netflix a ses « chouchous » que l’on retrouve actuellement dans de nombreuses de leurs productions. Le fait de plafonner les salaires pourra peut-être aussi permettre de voir émerger de nouveaux talents. Attendons de voir et observons ☺


Comment perçois-tu l’évolution de l’intérêt pour la culture coréenne en France ?

L’intérêt pour la culture coréenne ne cesse de grandir en France.
On peut le voir avec les nombreux événements qui se mettent en place, les communautés de fans et les nouveaux venus qui continuent de découvrir cette culture.

Par rapport à ses « débuts » dans les années 2000, on voit le changement.
Et je pense que cela va continuer d’évoluer et, je l’espère, devenir plus qu’un phénomène, mais bien s’installer dans le paysage français.

Un mot pour les lectrices et lecteurs qui suivent ton travail depuis les débuts du magazine ?

Tout d’abord, merci de m’avoir donné la parole ☺

Merci à vous de nous suivre, que vous soyez de la première heure ou nouveau venu. J’espère que vous aimerez toujours autant nous lire, et n’hésitez pas à venir échanger avec nous sur les réseaux sociaux.
Entre Dramavores, on ne s’ennuie pas. (Et n’oubliez pas aussi de venir sur notre site www.ksociety.fr pour encore plus d’actualités et d’interviews). Prenez soin de vous.

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