SHELTER OF LOVE T.2 – Un amour fragile face à la dureté du monde
Avis sur le tome 2 sur le shôjo manga Shelter of Love. Un titre qui continue de bouleverser

INFOS :
| Scénariste : Rie Aruga | Série 🇯🇵 : En cours (5 tomes) |
| Mangaka : Rie Aruga | Série 🇫🇷 : En cours (2 tomes) |
| Type : Shôjo | Date de parution : 21/08/2025 |
| Éditeur : Akata | Prix : 7,95 € |
Shelter of Love est un shôjo manga écrit et scénarisé par l’autrice Rie Aruga (@aru_rie) depuis 2022. La mangaka est connue en France pour ses titres Quand la nuit tombe, Perfect World et Par-delà les étoiles…
Le premier tome de la série est disponible depuis le 7 mai 2025 chez les éditions Akata en format papier.
RÉSUMÉ OFFICIEL :
Tenjaku prend la décision de ne pas suivre son père et de rester au foyer. Dans le même temps, il réalise que Yoru représente bien plus qu’une petite sœur pour lui… Pendant un festival, le lycéen avoue ses sentiments à la jeune fille. C’est alors que son père revient jouer les trouble-fête !
Avec Shelter of Love, Rie Aruga livre un manga poignant qui regarde sans faux-semblants la manière dont la société abandonne ceux qui, dès la plus petite enfance, n’ont pas la chance de connaître la chaleur d’un foyer.
Une relation amoureuse inattendue
Dans ce deuxième volume, la relation entre Yoru et Tenjaku prend une tournure nouvelle. Le jeune homme finit par lui avouer ses sentiments, révélant une forme d’amour sincère mais encore très innocent. Pourtant, la réaction de Yoru déstabilise. Semblant hésitante et confuse, on se demande si elle mesure pleinement la différence entre l’amour familial et un amour romantique. Sa peine à l’idée que Tenjaku puisse un jour s’éloigner d’elle ou aimer quelqu’un d’autre laisse entrevoir un attachement fort, mais aussi possiblement une forme de dépendance affective.
L’équilibre fragile entre attachement et autonomie
Ce questionnement est d’ailleurs partagé par Takanashi, éducatrice bienveillante et proche des deux adolescents. Sans condamner leur relation, elle s’inquiète de la force de leur lien. Elle souligne qu’une trop grande dépendance mutuelle pourrait freiner leur épanouissement personnel. Cette réflexion est d’autant plus importante qu’elle met en lumière un enjeu crucial dans la vie en foyer : comment tisser des liens forts sans que ceux-ci deviennent un obstacle à la construction individuelle ?
Yoru, de son côté, commence à prendre conscience de leur fragilité. Elle gagne en maturité, se donne les moyens de bâtir son avenir en travaillant dur avec un professeur particulier, tout en commençant un petit boulot. Une évolution touchante qui montre qu’elle ne veut plus simplement subir sa situation.
Le retour du passé et les cicatrices invisibles
Pendant que Yoru avance, le passé de Tenjaku revient hanter leur quotidien. Son père, violent et manipulateur, tente de reprendre contact en lui montrant de vieilles photos de famille, jouant la carte du chantage affectif. Derrière ses larmes, c’est surtout l’intérêt qui domine : il sait que son fils travaille, et espère en tirer profit.
Dans un geste d’adieu, Tenjaku lui remet une enveloppe d’argent et lui demande de disparaître de sa vie. Malheureusement, ce n’est qu’un répit de courte durée. Le père gaspille tout aux jeux d’argent, puis revient une nouvelle fois troubler leur équilibre précaire. La violence physique et psychologique plane à nouveau sur eux.

Un tome plus dur, mais nécessaire
Ce deuxième tome marque une cassure. Si le premier volume explorait le traumatisme avec une certaine douceur, ici l’ambiance devient plus pesante. L’amour naissant entre Yoru et Tenjaku est mis à rude épreuve, et la dureté de leur quotidien ne fait que s’intensifier. Malgré cela, ils tentent de construire quelque chose ensemble, de se battre pour exister dans une société qui les a mis de côté dès le départ.
Le soutien des éducateurs reste un point lumineux dans ce tableau sombre, mais le manga nous rappelle que cela ne suffit pas toujours à effacer les cicatrices de l’enfance.
CONCLUSION :
Ce deuxième tome de Shelter of Love vient renforcer la puissance du récit imaginé par Rie Aruga.
Plus sombre, plus intense, il aborde frontalement la complexité de l’amour naissant dans un contexte de souffrance.
Yoru et Tenjaku tentent de s’aimer, de grandir, et de survivre dans un monde qui les bouscule. Une lecture poignante, sensible, parfois dérangeante, mais profondément humaine.
