BURNING SECRETS – Trahison, manipulations et amour toxique
Avis sur le webnovel Burning Secrets. Une histoire de loyauté et de changements.

INFOS :
| Auteur : Estelle Every | Série 🇫🇷 : Terminée (57 chapitres) |
| Éditeur : narae | Date de parution : 20/06/2025 |
| Genre : Romance contemporaine | Type : Webnovel |
Mariée et mère de deux petites filles, Estelle Every habite dans le sud de la France et travaille dans l’univers du luxe, dans la parfumerie. Passionnée de lecture depuis le plus jeune âge, elle se laisse porter par ses envies du moment, et peut donc être emballée par du Young Adult, des ouvrages de développement personnel tout comme des traités d’égyptologie !
C’est seulement en 2012 qu’elle saute le pas et se met à écrire à son tour, sans pour autant imaginer être publiée. Elle se lance dans la littérature érotique à l’occasion du concours « Nuit Blanche » sur Fyctia : un univers étonnant, qu’elle prend depuis plaisir à explorer. Son roman Endless Night arrive en finale et est repéré par l’équipe, ce qui lui permet d’être publié aujourd’hui chez La Condamine.
En juin 2025, elle commence la publication de son webnovel Burning Secrets sur la plateforme narae.
RÉSUMÉ OFFICIEL :
Scarlett n’a pas choisi Ivywood au hasard. Elle est venue pour réussir… mais aussi pour affronter ce passé qu’elle n’a jamais vraiment oublié. Et ce passé a un nom : Keith Keller.
Brillant, mystérieux, abîmé, Keith n’a rien oublié non plus : ni l’incendie qui a brisé leur adolescence, ni la trahison qui a suivi. Aujourd’hui, il la méprise autant qu’il la désire. Et quand ils sont forcés de collaborer, leurs retrouvailles tournent à la guerre ouverte.
Mais sous les provocations et les joutes verbales, leur complicité renaît. Attirance, colère, culpabilité : Scarlett ne sait plus où elle en est, surtout quand l’élite étudiante décide de faire voler sa vie en éclats.
Entre ambition, mensonges et sentiments, jusqu’où est-elle prête à aller pour obtenir ce qu’elle veut… et qui elle veut ?
Un cadre étouffant entre luxe et pression sociale
L’histoire se déroule à Ivywood, une université de renom réservée à l’élite. C’est dans ce décor luxueux et impitoyable que Scarlett Ambrose tente de reconstruire sa vie. Née dans une famille influente, elle a tout perdu après un incendie tragique et les mauvais placements de son père. Pourtant, sa mère refuse d’abandonner leur rang social et pousse Scarlett à s’intégrer coûte que coûte au sein des Héritiers, un cercle étudiant aussi influent que dangereux.
Scarlett doit aussi affronter son passé. Et ce passé prend les traits de Keith, son ancien ami d’enfance (même plus), accusé de l’incendie qui a détruit leur maison.
Un héros brisé et une héroïne en déroute
Keith Keller est sans conteste l’âme du roman. Orphelin, ballotté de foyers en foyers après la trahison des Ambrose, il est désormais un étudiant brillant en architecture. Froid, distant, mais animé par une détermination féroce, il espérait ne jamais recroiser Scarlett. Son retour dans sa vie fait tout vaciller.
Scarlett, de son côté, se révèle être un personnage bien plus trouble qu’il n’y paraît. Si son envie de se racheter paraît sincère au départ, ses actions contredisent vite ses intentions. Manipulée par Victoria, la cheffe des Héritiers, elle accumule les mensonges et trahit à plusieurs reprises celui qu’elle prétend aimer.
Leur relation est passionnelle, mais surtout toxique. L’attirance est palpable, les retrouvailles sont explosives, mais les blessures sont profondes et le pardon ne vient pas si facilement.
Victoria, une antagoniste sous-exploitée
Victoria est l’incarnation du pouvoir manipulateur. Froide, calculatrice, elle sait tout sur tout le monde et ne recule devant rien pour obtenir ce qu’elle veut. C’est elle qui tend son piège à Scarlett, profitant de ses failles et de sa vulnérabilité.
Pourtant, malgré son charisme, les raisons de ses agissements manquent de profondeur. On aurait aimé une explication plus crédible, à la hauteur de la personnalité qu’elle incarne tout au long du roman. Cela laisse un goût d’inachevé, comme si la menace qu’elle représentait s’effondrait trop facilement.
Des personnages secondaires inégaux
Mike, le gérant du bar où travaille Keith, est un des rares adultes bienveillants du récit. Véritable figure de soutien, il apporte un équilibre et un soutien précieux à Keith, bien loin des manipulations estudiantines.
À l’inverse, Riley, la colocataire de Scarlett, est un personnage qui déçoit. Introduite comme un potentiel pilier amical, elle disparaît peu à peu du récit sans laisser de trace. Son absence se fait d’autant plus sentir que Scarlett aurait eu besoin d’un repère féminin extérieur aux Héritiers.
Le père de Scarlett, bien plus terre à terre que sa femme, offre quant à lui une lueur d’espoir et d’humanité. Il incarne ce que la jeune femme aurait dû écouter davantage : la voix de la simplicité, du bon sens et de l’amour sincère.
Un amour destructeur
L’histoire d’amour entre Keith et Scarlett est sans doute ce qui divise le plus dans ce roman. Leurs retrouvailles sont marquées par la colère, la rancœur, mais aussi une passion indéniable. Malheureusement, Scarlett s’enfonce dans ses mensonges et finit par devenir presque antipathique.
Même si l’autrice tente une rédemption dans les derniers chapitres, cela ne suffit pas à effacer la douleur infligée à Keith. Leur fin ensemble, après une ellipse temporelle, m’a semblé précipitée. J’aurais préféré voir Keith tourner la page, tomber amoureux d’une autre femme et trouver enfin la paix qu’il mérite. Scarlett, quant à elle, aurait pu porter seule les conséquences de ses choix.
Un style fluide et un fond bien documenté
Malgré mes réserves sur l’évolution de certains personnages de Burning Secrets, je dois souligner la plume de l’autrice : fluide, rythmée et efficace. On se laisse emporter facilement, les dialogues sont percutants, et les descriptions des milieux universitaires sont crédibles.
Les thèmes de l’architecture et des sciences sociales sont bien intégrés, accessibles même aux non-initiés, et enrichissent vraiment l’univers du roman. C’est un vrai point fort.
CONCLUSION :
Burning Secrets est un roman intense, à la narration captivante, mais qui laisse un goût amer.
La tension dramatique est maîtrisée, les enjeux sont forts, mais certains choix scénaristiques déçoivent, en particulier autour de son héroïne. Scarlett, censée porter l’histoire, finit par cristalliser les frustrations du lecteur.
Keith, à l’inverse, incarne la résilience et la justice. On aurait aimé le voir triompher autrement.
C’est une lecture que je ne regrette pas, tant elle m’a tenue en haleine, mais que je referme avec une certaine déception. Un roman qui interroge sur la loyauté, le pardon et la capacité à changer… mais qui ne m’a pas totalement convaincue.
